Les réseaux sociaux : terrain incontournable de la communication politique et de l’engagement des jeunes

A l’heure où 47 % des Français s’informent quotidiennement sur les réseaux sociaux (Arcep et Arcom), ces outils sont devenus essentiels dans la bataille de l’opinion… et dans la désinformation. C’est ce qu’on a pu observé ces dernières semaines avec les élections européennes et la campagne accélérée des législatives.

Un récent rapport de l’ONG Maldita montre que les grandes plateformes numériques sont loin d’être à la hauteur dans leur gestion des infox. On y apprend que 45 % des contenus de désinformation n’ont pas été modérés pendant les élections européennes (les plus mauvais élèves sont Youtube et X).

Si les réseaux sociaux contribuent à la diffusion massive de fake news, ils peuvent aussi être mis au service de l’information et de la pédagogie. Pendant la campagne des législatives, certains contenus TikTok ou Instagram ont rencontré beaucoup de succès. Leurs objectifs : éclairer la situation à l’aide de faits historiques, de chiffres ou de dates, décrypter les programmes des différent.e.s candidat.e.s, diffuser des informations pratiques (par exemple, comment réaliser une procuration)…

Autre fait marquant des élections, l’utilisation de TikTok comme outil de communication politique auprès des jeunes. De la K-pop à JUL, les références culturelles des plus jeunes sont bien présentes dans les vidéos TikTok de certaines personnalités politiques. Mais attention au cliché des jeunes décérébrés qui choisissent pour qui voter après avoir visionner une vidéo TikTok. Comme nous le montre le témoignage de Soraya dans cet article de Usbek & Rica, si la forme sert à accrocher, nombreux sont ceux qui approfondissent par la suite et utilisent les réseaux comme un moyen de s’acculturer sur des sujets tels que le racisme ou le féminisme :

« Au début, je me suis abonnée au canal Insta de Delogu après avoir vu la hype sur Twitter, en me disant qu’il était drôle et plutôt beau gosse, et c’est ensuite, en m’intéressant à ce qu’il publiait, que j’ai réellement compris l’enjeu des législatives, mais aussi que je me suis mise à voir plus de contenu sur le sujet sur les réseaux sociaux ».

La mobilisation de certains influenceur.euse.s comme Squeezie ou Léna Situations a également montré que “que le numérique ne contribue pas forcément à la dissolution du lien social ou à la perte de l’engagement » chez les jeunes (Alexandre Eyries).

Sélection de quelques articles sur le sujet :

Législatives 2024 : de Delogu à Bardella, quand des vidéos inspirées de la K-pop font de la communication politique – Le Huffington Post, 14 juin

Kebabs et JUL en DM : à gauche aussi, la communication politique se renouvelle pour parler aux jeunes – Usbek & Rica, 17 juin

Législatives 2024 : la mobilisation des influenceurs peut-elle jouer un rôle dans les élections ? Public Sénat, 18 juin

Léna Situations, Squeezie, Crazy Sally… Ces influenceurs stars des réseaux sociaux qui se mobilisent contre l’extrême droite – France Info, le 19 juin

Législatives 2024 : la lutte contre l’extrême droite a pris corps sur les réseaux sociaux – Numerama, 8 juillet

Législatives 2024 : a-t-on le droit de dire pour qui l’on vote, à l’image du youtubeur Tibo InShape ? – France Info, 8 juillet

Entretien avec Pascal Lardellier, spécialiste de la communication politique : « Le contexte politique inédit a poussé les influenceurs à prendre position » – Le Monde, 10 juillet